Colloque

CES ADOLESCENTS QUI NOUS INTERROGENT....

de la dépression... à la provocation.


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SAMEDI 20 OCTOBRE 2012

Matin

Isabelle DURET : psychologue, thérapeute systémique d'enfant, d'adolescent, de fratrie, de couple et de famille, chargée de cours et chef du service de psychologie du développement et de la famille à l'Université Libre de Bruxelles, formatrice en psychothérapie familiale et aux interventions systémiques en institution à Forestière A.S.B.L..

Les adolescents suicidaires : perspective systémique

Nous exposerons  les résultats d’une recherche effectuée sur une population d’adolescents hospitalisés suite à une tentative de suicide. L’étude envisage l’hypothèse ordalique selon laquelle l’adolescent, à travers son acte, revendique l’unicité et l’authenticité de son existence. Les entretiens cliniques complétés par des outils d’évaluations systémiques (génogrammes libres et imaginaires) ont débouchés sur des résultats nuancés. Si pour certains, l’intention de se faire exister semble plus prégnante que l’intention de se donner la mort, pour d’autres, il semble plutôt qu’ils attendent de leurs proches une contenance et une reconnaissance de leur droit à exister dans la différence.
Chez tous, le sentiment d’appartenance groupale qui permet la différenciation et confère un sentiment d’existence fait défaut. Il en résulte une difficulté à se sentir inscrits dans leur filiation ou à identifier une place constructive dans leur généalogie.
Des pistes thérapeutiques distinctes tenant compte de ses particularités seront proposées.

Robert NEUBURGER: psychiatre, psychanalyste, thérapeute de couple et de famille, Président de l'association suisse romande de thérapie familiale (ASTHEFIS), Professeur honoraire de psychologie de l'Université Libre de Bruxelles, auteur de nombreux ouvrages dont le dernier "Exister, le plus intime et fragile des sentiments"

Automutilations et scarifications : une tentative pour se faire auto-exister ?

Un symptôme actuel fréquent chez les jeunes filles est le fait de comportements d'automutilation, essentiellement des lacérations des avant-bras et des cuisses.
Il semble possible de lier la fréquence de cette expression symptomatique actuelle à une vision répandue dans les médias d'un corps clivé, vision "bouchère" du corps où la peau n'est plus qu'un contenant.
Des abus sexuels dans le passé sont un facteur favorisant de même que les injustices subies. Les comportements automutilateurs ont, dans ces contextes, valeur d'auto traitement, tentatives de réunifier un lien corps-psyché.

 

Après-midi

Claude SERON: psychopédagogue, intervenant psychosocial, formateur et superviseur. Il est co-fondateur du Centre Liégeois d’Intervention Familiale et de l’Institut Gregory Bateson. Il est également le fondateur et le directeur de l’association « Parole d’Enfants ». Il a rédigé ou co-rédigé plusieurs ouvrages dont « Aide ou contrôle ; l’intervention thérapeutique sous contrainte », « Au secours, on veut m’aider ; venir en aide aux adolescents en révolte, en rupture, en détresse… » et «Don, pardon et réparation ».

La délicate question de la responsabilité dans les situations d'agressions sexuelles commises par des adolescents au sein de leur famille

Dans les situations où les parents se sont montrés clairement inadéquats à l’égard de leurs enfants, la question de leur responsabilité dans les problèmes que ceux-ci peuvent développer peut sembler aller de soi aux yeux des professionnels. Pourtant, pour les personnes concernées, le lien entre leurs comportements, leurs choix, leur vécu, la manière dont ils ont investi leurs enfants et les souffrances, les comportements inquiétants et les cicatrices encore ouvertes que donnent à voir ceux-ci est loin d’être évident. Des parents peuvent se sentir injustement traités par des intervenants qui « psychologisent» tout et surévaluent la dimension familiale dans les problèmes manifestés par leur enfant, alors que les responsabilités institutionnelles et sociétales sont rarement questionnées. D’autres parents regrettent que l’on passe sous silence la prédisposition génétique, la part de liberté et d’autodétermination du jeune dans ses choix de vie ou encore l’influence néfaste d’internet, de la télé et des mauvaises fréquentations.
Par ailleurs, ne considérer que la seule responsabilité du jeune dans les abus sexuels qu’il a mis en acte, ne participe-t-il pas de sa sur-désignation comme patient désigné d’un système familial en souffrance ?  

Marie-Thérèse FERHAN : psychologue clinicienne en institution, thérapeute systémique et formatrice en thérapie familiale et de couple au C.E.R.A.S. et à A.P.S.Y.S.
 Bernard CHAMBEROD : psychologue clinicien en institution, thérapeute systémique et formateur en thérapie familiale et de couple au C.E.R.A.S. et à A.P.S.Y.S. .

L’urgence de se mobiliser

Un adolescent qui provoque l’intervention sociale ou judiciaire met nécessairement en jeu son système d’appartenance et les loyautés qui s’y rattachent.
Dans le cadre d’une commande dite « d’urgence » concernant un jeune, nous devons prendre en compte la nécessité d’une intervention immédiate, tout en gardant en perspective les enjeux permanents concernant la famille.
Quelle que soit la commande initiale, qu’elle préconise de tenir la famille participante, à distance ou hors-jeu, notre définition d’intervention correspond au « maintien dans le jeu » de la famille : « Quelles sont les alternatives possibles ? »
L’expérience nous a appris que chaque jeune se montre très attentif à cette définition. Notre protocole fixe d’emblée un cadre qui se veut contenant en maintenant les acteurs concernés.


OBJECTIFS :
  • Evaluer les problématiques actuelles de l’adolescent et leurs conséquences familiales et sociales
  • Présenter un protocole d’aide aux familles et de prise en charge des adolescents en grande difficulté
MÉTHODES : Exposés théoriques avec illustrations cliniques.