Archives mensuelles : décembre 2015

Adieu Gigi !

Onnis

Luigi ONNIS, notre regretté collègue et ami, nous a quitté il y a quelques jours.

Yveline REY se souvient…

Il était une fois un prince troubadour…

C’était il y a bien longtemps, lors d’une brillante et encore confidentielle cérémonie de la toute jeune planète systémique, que nous nous étions rencontrés. Lui, le prince troubadour venu du Sud et nous, les pèlerins descendus des montagnes de l’Est.

De son luth jaillissaient déjà des notes originales, une musique douce et profonde qui réussissait à faire danser d’étranges statues figées dans la douleur.

Nous, plus laborieux mais tout aussi aventuriers, nous semions des cailloux pour baliser notre chemin et en ouvrir de nouveaux. D’emblée nos échanges furent aussi chaleureux que féconds.

Sur sa mule, infatigable le prince troubadour parcourait le royaume et découvrait aussi d’autres mondes. De ses voyages il ramenait des idées qui venaient enrichir ses chorégraphies et qu’il laissait infuser avant de les transcrire dans des manuscrits qui circulaient dans tout le royaume. Il devint ainsi une sorte d’éminence grise, une référence pleine de sagesse, d’humanité et d’humilité.

Parfois nos chemins se croisaient, parfois ils s’éloignaient mais c’était toujours avec le même plaisir ourlé d’estime et d’affection que nous nous retrouvions.

Chemin faisant se tissait un voile impalpable mais chatoyant où se tricotaient la soie de l’amitié et les fils plus rugueux des échanges professionnels. Ce voile, invisible pour beaucoup, nous protégeait de la rudesse du monde,  nous entourait d’un halo de tendresse bienveillante et nous aidait à avancer quand les vents devenaient contraires.

Nul n’avait pressenti qu’un soir d’hiver et de pleine lune une lanterne allait se détacher de notre voile d’amitié, s’élever dans la nuit éclairant encore une  fois l’océan systémique. Le prince troubadour venu du Sud s’en était allé aussi discrètement qu’il était arrivé.

 Une vague de sanglots déferla dans nos cœurs. Pourtant tous savaient que sa lanterne continuerait à éclairer notre chemin de pèlerin.

Comme tous les contes systémiques, celui-ci n’a pas de fin. Chacune, chacun peut faire entendre sa voix, composer sa propre mélodie, tisser d’autres histoires….

Le parcours d’un pionnier européen

Il est un des psychiatres italiens engagés au début des années 70 dans le mouvement de la psychiatrie anti-institutionnelle. C’est la recherche d’alternatives à la psychiatrie asilaire de l’époque qui l’amène à s’intéresser à la thérapie familiale. Très vite il participe au groupe constitutif du Centro Studi di Terapia Familiare e Relazionale (CSTFR), le premier centre de formation systémique italien.

En même temps il commence son parcours universitaire comme Professeur Associé de Psychiatrie et Directeur de l’Unité de Psychothérapie de l’Université de Rome. Ses travaux portent notamment sur les langages du corps, qu’il s’agisse de l’expression corporelle des symptômes psychiques et relationnels (troubles psychosomatiques, alimentaires…) ou de l’utilisation thérapeutique du langage analogique corporel (méthode des sculptures des relations).

Il devient co-fondateur avec Luigi Cancrini et Maurizio Coletti d’un institut de formation et de consultation systémique, l’IEFCoS.

Parallèlement il s’engage dans le développement de l’approche systémique en Europe, en particulier comme co-fondateur de l’EFTA (European Family Therapy Association), membre du Bureau puis Président Honoraire. Il participe ainsi à faire connaître les spécificités des modèles européens de la thérapie familiale systémique.

Ouvert à beaucoup d‘approches, il crée la revue italienne « Psicobiettivo » conçue comme point de rencontre des principaux courants de la psychothérapie. Ces dernières années il s’intéresse aussi à l’alliance entre la psychothérapie et les neurosciences. (Lire la traduction de l’éditorial du dernier numéro 2015 de la revue, en hommage à Luigi Onnis)

Il est l’auteur de quantité d’ouvrages dont les plus importants traduits en français :

Il publie aussi nombre de contributions de référence dans des livres et des revues francophones.

Son intense activité à la fois clinique, de formation et de recherche, alliée à son grand appétit de rencontres, le conduisent dans le monde entier, notamment en France où il répond dès qu’il le peut aux invitations du CERAS, la dernière fois en octobre 2014.

Malgré son « palmarès » impressionnant je garderai de Luigi Onnis le souvenir d’un homme humble, presque timide, curieux mélange entre une certaine réserve, peut-être issue de ses origines sardes, et une chaleur toute romaine.

Ciao Gigi, et merci pour tout ce que tu nous as laissé.

Joël PICART

Les visiteurs du Blog

En service depuis le mois d’avril dernier, le Blog a reçu à ce jour 1207 visiteurs* différents. En nombre de « visites », cela représente 4638 accès à des pages .

Comme on peut s’y attendre pour un site uniquement francophone la plupart des visiteurs sont localisés en France (608 visiteurs). Cependant le nombre de visites à partir d’autres pays est loin d’être négligeable avec pas moins de 50 nationalités représentées. Curieusement dans le « top 10 des pays », à l’exception du Canada, on ne trouve aucun autre pays de langue française.  En deuxième position de fréquentation arrivent les Etats-Unis (217 visiteurs).  Cela s’explique pour beaucoup par les balayages fréquents réalisés par les robots des moteurs de recherche (Google, Bing, Yahoo, etc…), souvent basés aux USA. L’Allemagne est le troisième pays visiteur (56 visiteurs) et la Chine le 4ème (45 visiteurs) !

Aujourd’hui les entrées sur le site du CERAS se font majoritairement par la page d’accueil du Blog. Sinon les pages les plus  demandées sont celles des espaces dédiés aux cycles de formation et l’Agenda.  La fréquentation des pages protégées par mots de passe permet de supposer que les stagiaires du CERAS et leurs formateurs sont les premiers utilisateurs. Il faut souligner que depuis septembre les contenus de ces pages se sont beaucoup enrichis.

La possibilité de poster un commentaire est très peu utilisée. Depuis la mise en ligne il n’y a eu que 12 commentaires publiés. Quelques autres ont été reçus mais n’ont pas été « approuvés » car n’ayant rien à faire sur le site (par exemple des tentatives publicitaires pour un autre site). C’est l’occasion de rappeler que les commentaires postés ne sont jamais publiés instantanément. Ils sont doublement filtrés, d’abord par une analyse de contenu automatique, puis par moi-même en fonction de l’intérêt qu’ils présentent pour d’autres internautes. Certains commentaires reçoivent une réponse directe par courriel, sans être mis en ligne.

Les demandes de publication d’articles restent rares. Je vous invite à faire des propositions de contributions.

Bonne navigation sur le Blog.

Le webmaster.


Note : * est considéré comme « visiteur » non pas une personne physique mais un point d’accès au site (un ordinateur, une tablette, un smartphone ou tout autre appareil connecté).